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A couper le souffle: Enquête dans le brouillard

Enquête dans le brouillard,

d’Elizabeth George

Le sergent Barbara Havers est résolument laide et revêche et bien décidée à le rester. Elle adore son boulot mais l’idée de faire équipe avec l’inspecteur Lynley, un ancien d’Eton, pur produit de l’aristocratie britannique, lui est insupportable. Un type qui prétend travailler à Scotland Yard pour se rendre utile à la société, au lieu de vivre sur ses terres ! Un type pourri de charme et avec qui aucune femme n’est en sécurité. Sauf la pauvre Barbara évidemment… Mais les querelles de ce couple inattendu cessent vite devant l’atrocité d’un crime qu’ils sont chargés d’élucider. Dans un paisible village &Yorkshire, on a trouvé le corps sans tête de William Teys, paroissien modèle. A côté du cadavre, une hache et, près de la hache, une grosse fille qui gémit : « C’est moi qui ai fait ça et je ne le regrette pas. » L’épouvante ne fait que commencer. –Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

Sortie : 13 Avril 2010

Poche : 445 pages

Éditions : Pocket

Elizabeth George

Née aux Etats-Unis, dans l’Ohio, Elizabeth George est diplômée de littérature anglaise et de psycho-pédagogie. Elle a enseigné l’anglais pendant treize ans avant de publier Enquête dans le brouillard, qui a obtenu le grand prix de Littérature policière en 1988 et l’a imposée d’emblée comme un grand nom du roman  » à l’anglaise « . Dans ce premier livre apparaît le duo explosif composé du très aristocratique Thomas Lynley, l’éminent membre de Scotland Yard, et de son acolyte Barbara Havers, qui évoluera au fil d’une dizaine d’ouvrages ultérieurs, parmi lesquels Un goût de cendres (2001), Un nid de mensonges (2003), Sans l’ombre d’un témoin (2005) et Anatomie d’un crime (2007), tous parus aux Presses de la Cité. L’incontestable talent de cet écrivain qui refuse de voir une différence entre  » le roman à énigme  » et le  » vrai roman  » lui a valu un succès mondial. Elizabeth George vit à Langley, dans l’Etat de Washington. Elle accueille régulièrement chez elle un petit groupe d’étudiants pour des séminaires d’écriture.

Je ne m’attendais pas à ça comme première approche des enquêtes de Thomas Lynley… mais c’est le livre policier type qu’il ne faut pas rater.

Au fils des pages, nous sommes entraînés dans l’univers sombre de la suspicion, de l’anxiété qui noue la gorge, mais où l’envie de savoir est plus forte que tout !  Les intrigues se mêlent, et alors que nous pensions être certains d’un fait, il est remis en question pour finalement être plus complexe, plus torturé que nous l’avions envisagé au départ. On découvre un monde que nous préférerions considérer seulement comme fiction, tout en connaissant sa terrible  réalité, et l’auteur nous offre une leçon de vie sur ce que peut entraîner un silence, face à une souffrance.

Où a-t-elle trouvé l’inspiration pour les portraits de ses personnages ? Comment Elizabeth Georges a-t-elle pu associer  l’histoire de  ces blessés par la vie, avec tant de talent que toute la trame romanesque prend réalité dans notre esprit ?

Ce livre reste une grande œuvre dans le polar, et il n’est que le prologue d’une longue série d’enquêtes haletantes !

 


Le combat d’une mère, d’une femme : La Recluse de Wildfell Hall

La Recluse de Wildfell Hall,

d’Anne Brontë

Publié en 1848, La Recluse de Wildfell Hall, qui analyse sans concession la place des femmes dans la société victorienne, est considéré comme l’un des tout premiers romans féministes. Ce titre méconnu entretient, comme l’a souligné la critique moderne, de nombreux liens avec Les Hauts de Hurlevent d’Émilie Brontë. On y retrouve notamment les mêmes thèmes: alcoolisme, violence masculine, corruption de l’enfance…

Qui est la mystérieuse nouvelle locataire de Wildfell Hall ? On ne sait pas d’où vient cette artiste qui se fait appeler Mrs Graham, se dit veuve et vit comme une recluse avec son jeune fils.

Son arrivée alimente toutes les rumeurs dans la petite communauté villageoise et éveille l’intérêt puis l’amour d’un cultivateur, Gilbert Markham. La famille de Gilbert est opposée à cette relation et petit à petit, Gilbert lui-même se met à douter de sa secrète amie. Quel est le drame qu’elle lui cache ? Et pourquoi son voisin, Frederick Lawrence, veille-t-il si jalousement sur elle ?

Anne (1820-1849), la cadette des Brontë, se retrouva orpheline de mère à un an et fut élevée par son père, un sévère pasteur. Grandissant au milieu des landes sauvages du Yorkshire, la fratrie trouva refuge dans l’imagination et l’écriture. Anne composa précocement des contes, nouvelles et journaux avant de s’atteler à la rédaction de deux romans : Agnès Grey (1847) et La Recluse de Wildfell Hall.

Traduit de l’anglais par Georges Charbonnier et André Frédérique.

Traduction complétée par Frédéric Klein.

Sortie : Réédition, 28 Février 2008

J’ai débuté ce voyage dans l’aire victorienne avec Orgueil et Préjugés – cité plus haut – puis par celui-ci.

Des sœurs Brontë, je ne connaissais qu’Émilie, un petit résumé de son histoire familiale, et la renommée de son livre Les Hauts de Hurlevent – que j’ai lu par la suite.

Du coup, ce fut avec un grand étonnement que j’ai découvert ce roman, et beaucoup d’incompréhension quant à son manque de popularité ! Certes, Les Hauts de Hurlevent ramène à Roméo et Juliette dans bien des sens, mais Anne Brontë a le talent de nous entraîner – nous, femmes modernes que nous sommes- dans une description fidèle de ce qu’étaient les obligations au quotidien de la Dame victorienne, dans son contrôle de soi, dans ses devoirs d’épouse et de mère.

Les cadres sont parfaitement décrits à tel point qu’un an après ma lecture, je me souviens encore des paysages de Landes, que les pages m’ont permises d’imaginer, parfaites pour vous échapper des immensités de béton.

Ce roman de presque 500 pages, se lit avec la même émotion que Jane Eyre : nous suivons Mrs Graham avec la même compassion et la même sollicitude que Jane, tant toutes deux traversent des épreuves qui nous semblent inconcevables et intolérables à affronter, avec nos yeux critiques et affranchis, pleins de libertés.

Moi qui était alors une toute jeune lectrice – la lecture était loin d’être chez moi une habitude à ce moment là -, j’ai parcouru cette histoire avec beaucoup de facilité, tant l’écriture y est simple, les phrases belles à lire ou à écouter.

Qui plus est, l’Edition Phébus offre une qualité de papier et des caractères d’imprimerie pleins d’élégance, et cela joue même un rôle, me semble-t-il, dans notre transport à la belle époque où les lettres remplaçaient les mails et sms.