le blog des Explorateurs de Connaissance

Articles tagués “brontë

Le combat d’une mère, d’une femme : La Recluse de Wildfell Hall

La Recluse de Wildfell Hall,

d’Anne Brontë

Publié en 1848, La Recluse de Wildfell Hall, qui analyse sans concession la place des femmes dans la société victorienne, est considéré comme l’un des tout premiers romans féministes. Ce titre méconnu entretient, comme l’a souligné la critique moderne, de nombreux liens avec Les Hauts de Hurlevent d’Émilie Brontë. On y retrouve notamment les mêmes thèmes: alcoolisme, violence masculine, corruption de l’enfance…

Qui est la mystérieuse nouvelle locataire de Wildfell Hall ? On ne sait pas d’où vient cette artiste qui se fait appeler Mrs Graham, se dit veuve et vit comme une recluse avec son jeune fils.

Son arrivée alimente toutes les rumeurs dans la petite communauté villageoise et éveille l’intérêt puis l’amour d’un cultivateur, Gilbert Markham. La famille de Gilbert est opposée à cette relation et petit à petit, Gilbert lui-même se met à douter de sa secrète amie. Quel est le drame qu’elle lui cache ? Et pourquoi son voisin, Frederick Lawrence, veille-t-il si jalousement sur elle ?

Anne (1820-1849), la cadette des Brontë, se retrouva orpheline de mère à un an et fut élevée par son père, un sévère pasteur. Grandissant au milieu des landes sauvages du Yorkshire, la fratrie trouva refuge dans l’imagination et l’écriture. Anne composa précocement des contes, nouvelles et journaux avant de s’atteler à la rédaction de deux romans : Agnès Grey (1847) et La Recluse de Wildfell Hall.

Traduit de l’anglais par Georges Charbonnier et André Frédérique.

Traduction complétée par Frédéric Klein.

Sortie : Réédition, 28 Février 2008

J’ai débuté ce voyage dans l’aire victorienne avec Orgueil et Préjugés – cité plus haut – puis par celui-ci.

Des sœurs Brontë, je ne connaissais qu’Émilie, un petit résumé de son histoire familiale, et la renommée de son livre Les Hauts de Hurlevent – que j’ai lu par la suite.

Du coup, ce fut avec un grand étonnement que j’ai découvert ce roman, et beaucoup d’incompréhension quant à son manque de popularité ! Certes, Les Hauts de Hurlevent ramène à Roméo et Juliette dans bien des sens, mais Anne Brontë a le talent de nous entraîner – nous, femmes modernes que nous sommes- dans une description fidèle de ce qu’étaient les obligations au quotidien de la Dame victorienne, dans son contrôle de soi, dans ses devoirs d’épouse et de mère.

Les cadres sont parfaitement décrits à tel point qu’un an après ma lecture, je me souviens encore des paysages de Landes, que les pages m’ont permises d’imaginer, parfaites pour vous échapper des immensités de béton.

Ce roman de presque 500 pages, se lit avec la même émotion que Jane Eyre : nous suivons Mrs Graham avec la même compassion et la même sollicitude que Jane, tant toutes deux traversent des épreuves qui nous semblent inconcevables et intolérables à affronter, avec nos yeux critiques et affranchis, pleins de libertés.

Moi qui était alors une toute jeune lectrice – la lecture était loin d’être chez moi une habitude à ce moment là -, j’ai parcouru cette histoire avec beaucoup de facilité, tant l’écriture y est simple, les phrases belles à lire ou à écouter.

Qui plus est, l’Edition Phébus offre une qualité de papier et des caractères d’imprimerie pleins d’élégance, et cela joue même un rôle, me semble-t-il, dans notre transport à la belle époque où les lettres remplaçaient les mails et sms.